Légion d’honneur pour Etienne Marcel Bouchaud

Etienne Marcel Bouchaud nommé au grade de chevalier dans l’ordre national de la légion d'honneur et décoré par le député de la Gironde Alain David, en présence de Janine Cellerier, Présidente de l'Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France, et entouré de ses proches, le 8 juillet 2017 à CenonLe 8 juillet 2017, Etienne Marcel Bouchaud, 95 ans, a été décoré des insignes  de chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur  par Alain David, Député de la Gironde et Maire honoraire de Cenon. Lors d’une cérémonie rassemblant sa famille, ses ami.e.s,  de nombreux porte-drapeaux et d’autres récipiendaires cenonnais de la plus haute décoration honorifique française.

Etienne Marcel Bouchaud a été nommé au grade de chevalier dans l’ordre national de la légion d’honneur par décret du Président de la République du 14 avril 2017 sur le contingent réservé aux Déportés et Internés de la Résistance.

Né le 21 décembre 1922 à Bordeaux Bastide, Cenonnais depuis 1946,  entré à la SNCF en septembre 1937… Autour de ce grand monsieur, ce 8 juillet, dans la salle Simone Signoret, l’émotion était palpable… Discours et prises de paroles ont reconstitué l’itinéraire d’un homme qui s’est engagé dès sa jeunesse pour la justice sociale et les libertés.

Etienne Marcel Bouchaud nommé au grade de chevalier dans l’ordre national de la légion d'honneur et décoré par le Député de la Gironde Alain David, en présence de Janine Cellerier, Présidente de l'Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France, de Christian LAUR de la Section CGT des retraités cheminots Rive droite et de nombreux porte-drapeaux.

Etienne Marcel Bouchaud nommé au grade de chevalier dans l’ordre national de la légion d’honneur et décoré par le Député de la Gironde Alain David, en présence de Janine Cellerier, Présidente de l’Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France, de Christian LAUR de la Section CGT des retraités cheminots Rive droite et de nombreux porte-drapeaux.

Extraits

Discours d’Alain David, Député de la Gironde et Maire honoraire de Cenon

… Dès que Bordeaux fut occupé par les troupes allemandes, M. Bouchaud, employé aux Chemins de Fer depuis 1937, a perpétré, avec ses camarades,  les actes de sabotage que lui permettaient ses fonctions: introduction de toile émeri dans les cylindres des machines, pose de blocs de béton sur les voies ferrées, fermeture inopportune des passages à niveau, etc… En février 1943, il s’est trouvé dans les classes d’âge requises pour le service du travail obligatoire (STO). Il n’était pas question pour lui d’aller travailler pour les Allemands. La seule solution était de fuir la France et de passer en Espagne pour rejoindre l’Afrique du Nord où il savait pouvoir s’engager dans les armées de la France Libre. Malgré les risques encourus pour lui-même et sa famille, avec un camarade dans la même situation que lui, il prit le train pour Pau– en mai 1943 -, avec un équipement inapproprié pour le franchissement des Pyrénées, afin d’échapper aux contrôles fréquents.

Après avoir trouvé un passeur qu’il fallut rétribuer, il mit 6 jours pour franchir la frontière par le col de la Pierre Saint-Martin, devant prendre beaucoup de précautions pour éviter les patrouilles allemandes dont il entendait les coups de feu fréquents. A 10 kilomètres après la frontière, dans la petite ville d’Isaba, il fut arrêté par la Guardia Civil et conduit à la prison de Pampelune. Il y resta presqu’un mois, dans une cellule déjà pleine où les conditions sanitaires et alimentaires étaient déplorables. Il allait connaître bien pire quand on le transféra au camp de Miranda de Ebro, de sinistre mémoire. M. Bouchaud y restera 5 mois, voyant sa santé se dégrader au fil des jours en raison d’une alimentation carencée et insuffisante et des maladies transmises par la vermine omniprésente tant dans l’environnement que dans leurs maigres rations. Il eut aussi à y subir violences et humiliations. Il en garda à vie des séquelles douloureuses.

Des tractations entre la Croix-Rouge et le gouvernement de Franco, consistant en un échange de prisonniers contre des matières premières, lui permirent d’être libéré et conduit à Malaga après une escale à Madrid. De là, au sein d’un convoi collectif, il embarqua pour Casablanca, la traversée étant dangereuse en raison des sous-marins qui exploraient le secteur.

Au Maroc, malgré son épuisement physique et moral, il s’engagea dans la Marine Nationale. Après quelques semaines de formation, il fut affecté comme armurier sur un bâtiment anglais qui rejoignait la base des Forces Navales de la France Libre en Ecosse. Au cours des missions qu’il accomplit, plusieurs sous-marins allemands furent coulés.

Après sa démobilisation, au début de l’année 1946, il a réintégré les chemins de fer jusqu’à sa retraite, en décembre 1972. De 1968 à 2010, il a été le porte-drapeau du Groupement Interdépartemental des Anciens Combattants Evadés de France (devenu Amicale en 2002).

Janine Cellerier, Présidente de l’Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France

Janine Cellerier, Présidente de l'Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France

Janine Cellerier, Présidente de l’Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France

«  M David, en nous offrant cette belle cérémonie, vous nous faites un double honneur. Je m’explique. Nous avions sollicité le Maire et c’est le Député qui décore M Bouchaud… Je voudrais brièvement mettre en lumière ce que vous avez tous les deux en commun. En vous engageant en politique, M David, vous êtes mis au service de vos concitoyens, maintenant de vos compatriotes. M Bouchaud, lui, comme des milliers d’autres jeunes, pour la plupart, s’est engagé malgré les risques qu’il savait encourir pour participer à la reconquête et à la libération de notre France humiliée et asservie à l’occupant.

Quel qu’en soit le motif, l’engagement de chacun de vous, qui confine au don de soi, voit celui de M Bouchaud enfin récompensé par la remise de l’insigne de la Légion d’honneur que de nombreux autres, trop tôt disparus, n’auront pu hélas obtenir…

A travers M Bouchaud, se sont tous les évadés de France, morts ou encore vivants qui vous sont reconnaissants de votre accueil et de la remise de cette prestigieuse médaille. En leur nom, je vous en remercie. Je remercie aussi tous ceux qui sont venus rendre hommage aux mérites de Monsieur Bouchaud, les Porte-drapeaux et plus particulièrement celui de notre Amicale, toujours présents…. »

Etienne Marcel Bouchaud, chevalier dans l’ordre national de la légion d'honneur, et Janine Cellerier, Présidente de l'Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France et le Député de la 4ème circonscription de la Gironde Alain David

Etienne Marcel Bouchaud, Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur, Janine Cellerier, Présidente de l’Amicale des Anciens Combattants, Evadés de France et le Député de la 4ème circonscription de la Gironde Alain David

Christian LAUR : Section CGT des retraités cheminots Rive droite

Christian LAUR : Section CGT des retraités cheminots Rive droite

Christian LAUR : Section CGT des retraités cheminots Rive droite

C’est au nom de la Section Syndicale des cheminots retraités CGT, que je m’exprime en l’absence de notre secrétaire Yves GARGAULIE  s’excusant de n’avoir pu être parmi nous. Marcel, c’est un honneur pour toi amplement mérité, et qui, en quelque sorte rejaillit sur nous, tes amis et camarades. Certains sont absents mais auraient aimé être parmi nous, je pense en particulier à tes deux camarades Armand RIGAUD et Jacques PECHMEJA qui nous ont quitté. Certains présents ont eu le même parcours professionnel que toi, je pense à Bernard, à Claude, à Jacques et moi-même anciens apprentis, au centre d’apprentissage SNCF de Bx-bastide, mais…quelques années après puisque tu es de la promotion 37-40. François BIDOU  en villégiature au Portugal, s’excuse également et t’envoie ses amitiés ainsi qu’à Alain DAVID.

Christian LAUR : Section CGT des retraités cheminots Rive droite

Christian LAUR : Section CGT des retraités cheminots Rive droite

Après ton apprentissage, tu es affecté au dépôt de Bordeaux-Bastide, ajusteur, à la rotonde comme tout dépôt qui se respecte. Il y a toujours la rue de la Rotonde dans le quartier…  Après la guerre et le stage approprié, tu es mécanicien roulant sur les autorails (que certains appellent michelines), sur les locos diésel et tous les matériels dont les RTG (rames turbines à gaz) affectés essentiellement sur Bordeaux-Lyon, ligne malheureusement délaissée aujourd’hui. Rame verte qui faisait beaucoup de bruit car dotée de turbines qui équipaient aussi les hélicoptères Alouettes , naturellement modifiées pour s’adapter au ferroviaire.

Puis, c’est le refus du STO, tu es parti le 5 mai 43, et là , je ne développe pas , le Député Maire Alain DAVID, ayant décrit tout cela. C’est cette période de ta vie qui t’a valu de multiples décorations militaires et aujourd’hui la Légion d’Honneur.

En définitive c’est toute une vie d’engagement pour la justice sociale et les libertés … Décidé à t’engager tout jeune à la CGT; tu as été délégué du personnel et toujours syndiqué. Tu es d’ailleurs notre doyen sans concurrence…

Tu es à la retraite en 1972, soit 45 ans que la Caisse de Prévoyance et de Retraite de la SNCF te verse une pension bien méritée. Certains esprits chagrins diront que tu coûtes cher, c’est comme à la sécu, mais non, car c’est ce que permet notre système par répartition pour lequel tu t’es battu et pour lequel il faut continuer à lutter. Nous continuerons ton combat, Marcel, et on te dit MERCI.

Etienne Marcel Bouchaud et ses deux fils Alain et Claude

Etienne Marcel Bouchaud et ses deux fils Alain et Claude

Marie-Pierre Hibon, petite fille D’Armand Rigaud, grand ami de Marcel Etienne Bouchaud.

Marie-Pierre Hibon, petite fille D’Armand Rigaud, grand ami d’Etienne Marcel Bouchaud.

Proches, famille et récipiendaires cenonnais de la plus haute décoration honorifique française

Proches, famille et récipiendaires cenonnais de la plus haute décoration honorifique française

 

 

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