Méli mêl’arts, salon du partage

Méli Mel'arts, le salon cenonnais des métiers d'art

Le 12ème salon cenonnais des métiers d’arts s’est installé au Rocher de Palmer le premier week-end de décembre. Deux jours durant, le public a pu déambuler entre la salle 1200 et le salon de musiques en quête d’un cadeau de Noël inédit, pour ne pas dire unique. Chacun pouvait aussi apprécier la générosité des artisans et artistes, toujours prompts à expliquer les techniques et les spécificités de leur savoir faire. Bref, un salon duquel on a tiré quelques enseignements.

1- De l’art du métier d’art

En arrivant aux premiers stands, ceux de Nadine Bourgeois, sculptrice sur bois et Muriel Goupy, créatrice  de vitraux, la mention Atelier d’art de France nous interpelle. Et nous offre l’occasion de glaner quelques précisions importantes sur les métiers d’art.

Ateliers d’art de France est un syndicat professionnel qui travaille à la valorisation et à la reconnaissance de savoir faire. Il contribue à enrichir une nomenclature permettant de répertorier les métiers d’art; Aujourd’hui on en recense 385 par exemple. Et s’il fallait définir ce qui  caractérise un métier d’art, c’est a minima la maitrise d’une technique en vue de la transformation d’une matière, synthétise très pédagogiquement le souriant duo Nadine-Muriel.

En résumé, n’est pas estampillé Métier d’art qui veut.

2- Partage et pédagogie

Les artisans ont du talent, on le sait. Et l’amour du travail bien fait. A l’instar des artistes participant au salon, ils expliquent à l’envi leur choix de matériaux, les étapes de création, conception, réalisation. Chacun expose avec gourmandise les propriétés des matières sélectionnées, les contraintes des techniques utilisées.

En résumé, on se demanderait presque si la générosité et la pédagogie ne sont pas des critères judicieux de sélection pour exposer au salon?

3- Quand la création est moteur d’une nouvelle vie

 

Nicolas Delanoy travaillait dans le numérique. Laurence Meuzeret était architecte. Le premier est désormais cougourdonnier, la seconde sculptrice.

Le premier a eu une révélation lors de l’émission de jardinage Silence ca pousse. Il y a notamment découvert les étonnantes propriétés de la gourde calebasse, légume méditerranéen de la famille des cucurbitacées, utilisé jadis pour fabriquer des ustensiles. La chair du légume devient en 4 à 6 mois, aussi dur que du bois que l’on peut alors dessiné, percé, pyrogravé… Une technique  aujourd’hui détournée au service d’objet de décoration tels que les luminaires confectionnés par Créacourges.

Laurence a dû quitter son emploi d’architecte vers 50 ans. Mais elle a gardé son attrait pour la lumière, et son intérêt pour les matériaux flexibles. Le carton, étudié sur les bancs de l’école d’architecture, est désormais l’objet de son attention. Ou plutôt les ondulations qui composent le matériau. En ôtant un des deux pans protégeant les cannelures, elle enlève la rigidité du support et lui donne la malléabilité nécessaire à l’expression de sa créativité. Lorsque le carton se fait dentelle avec cannelures et lumières…

En résumé, quand la création vous anime, il est de bon ton de la laisser vous porter loin.

4-Le métal a la cote

 

Le métal et le bois forment un couple au top des tendances du design contemporain. Qu’il soit objet de récupération, à l’instar des chaînes de tronçonneuses transformées en dentelle d’acier par NES, l’une des 2 invitée d’honneur du salon avec la plasticienne Capala. Ou comme Maurice Barbette, qui choisit l’inox pour réaliser une série  de sculptures aussi insolites qu’amusantes. Ou encore, les délicats fil de fer de Francoise Fonmarty (de fil en fer), qui alliés au papier de soie, se joue avec poésie des équilibres et des ombres. Et remporte le prix du public pour le plus beau stand du 12ème salon Méli Mêl’arts

En résumé, le métal révèle beaucoup de qualités inattendues : il peut être dressé, drôle et délicat!

5 L’envie d’avoir envie

Artistes et artisans racontent avec passion leur techniques créatives

Eugénie Choquin, maroquinerie Nahka, face à Régine Lüdemann, Alain David, député de la Gironde et Jean François Egron,maire de Cenon

L’intérêt premier du salon c’est de donner de la visibilité aux artisans et artistes sélectionnés. Certains sont des fidèles de longue date, d’autres sont ici pour la première fois. Tous confirment être venus grâce au bouche à oreille des professionnels, ou avoir candidaté pour la dimension sélective du salon. Régine Lüdemann Lejeune, présidente de l’association organisatrice du salon Méli Mêl’arts, s’y emploie chaque année avec le comité de sélection, en assurant en outre une diversité dans la représentativité des techniques et savoir faire. Car l’autre vertu du salon, c’est de favoriser les rencontres pour susciter la collaboration entre disciplines.

Une réalité confirmée par le duo Nadine Muriel rencontré en début de salon. Toutes deux indépendantes, elles choisissent parfois d’unir leur savoir faire et de créer des pièces à 4 mains. Une expérience née à la faveur d’un salon professionnel, comme celui de Méli Mel’arts. Et qui a l’avantage d’amener chacune à élargir et adapter sa technique aux exigences et contraintes de l’autre.

En résumé, les créatifs sont des curieux friands de collaboration et d’expériences nouvelles.

 

 

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